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L'OMS alerte sur "l'ampleur" de l'épidémie d'Ebola en RDC, qui pourrait durer longtemps
information fournie par AFP 19/05/2026 à 15:06

Un membre du personnel de l'hôpital CBCA Virunga prend la température d'une visiteuse à l'aide d'un thermomètre infrarouge sans contact avant de l'autoriser à entrer dans l'hôpital de Goma, en République démocratique du Congo, le 17 mai 2026.  ( AFP / Jospin Mwisha )

Un membre du personnel de l'hôpital CBCA Virunga prend la température d'une visiteuse à l'aide d'un thermomètre infrarouge sans contact avant de l'autoriser à entrer dans l'hôpital de Goma, en République démocratique du Congo, le 17 mai 2026. ( AFP / Jospin Mwisha )

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a alerté mardi sur "l'ampleur et la rapidité" de l'épidémie d'Ebola, déjà suspectée d'avoir fait plus de 130 morts, qui se propage dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) et qui pourrait durer.

Ebola provoque une fièvre hémorragique extrêmement contagieuse. Le redoutable virus a fait plus de 15.000 morts en Afrique au cours des 50 dernières années.

L'OMS a déclenché dimanche une alerte sanitaire internationale pour faire face à la nouvelle flambée d'Ebola en RDC, vaste pays d'Afrique centrale de plus de 100 millions d'habitants en proie à des conflits.

L'Agence sanitaire de l'Union africaine (Africa CDC) a déclaré lundi soir une "urgence de santé publique" continentale.

Peu d'échantillons ont pu être testés en laboratoire à ce jour et les bilans en RDC s'appuient principalement sur des cas de suspicion.

"Nous avons comptabilisé à peu près 131 cas de décès" au total et "nous avons à peu près 513 cas suspects", a déclaré mardi Samuel Roger Kamba, ministre de la Santé de la RDC à la télévision nationale.

Ces décès ne sont pas "nécessairement" liés à Ebola, et ont été recensés dans les communautés affectées par l'épidémie, a-t-il précisé.

Le précédent bilan du ministère congolais de la santé faisait état de 91 décès estimés et 350 cas suspects.

Le directeur général de l'OMS s'est dit mardi "profondément préoccupé par l'ampleur et la rapidité" de l'épidémie.

"Je ne pense pas que cette épidémie sera terminée dans deux mois", a également averti mardi Anne Ancia représentante de l'OMS en RDC, rappelant qu'une précédente épidémie avait duré deux ans.

"L'ampleur de l'épidémie dépendra de la rapidité de notre réponse", a-t-elle ajouté.

- Appel "au calme" -

La RDC a connu 17 épidémies d'Ebola et a une grande expérience dans la gestion de cette maladie, mais il n'existe ni vaccin, ni traitement spécifique pour la souche du virus responsable de la flambée actuelle, appelée Bundibugyo.

Les mesures pour tenter d'endiguer sa propagation reposent donc essentiellement sur le respect des mesures barrières et la détection rapide des cas pour limiter les contacts.

Les vaccins anti-Ebola existants ne sont efficaces que contre la souche Zaïre du virus, à l'origine des plus grandes épidémies recensées.

L'OMS a annoncé mardi être en train d'examiner quels vaccins candidats et traitements disponibles pourraient être utilisés pour juguler l'épidémie.

Bundibugyo n'a provoqué que deux épidémies dans le monde avant celle en cours, en Ouganda en 2007 et en RDC en 2012. Le taux de mortalité était de 30% à 50%.

Un agent sanitaire à la frontière du poste de Busunga, entre l'Ouganda et la République démocratique du Congo, prend la température d'un voyageur à l'aide d'un thermomètre infrarouge sans contact à Bundibugyo, le 18 mai 2026.  ( AFP / Badru Katumba )

Un agent sanitaire à la frontière du poste de Busunga, entre l'Ouganda et la République démocratique du Congo, prend la température d'un voyageur à l'aide d'un thermomètre infrarouge sans contact à Bundibugyo, le 18 mai 2026. ( AFP / Badru Katumba )

Le président Félix Tshisekedi a appelé mardi "la population au calme", et annoncé mettre en œuvre "toutes les mesures nécessaires pour renforcer la riposte".

L'épicentre de l'épidémie se situe en Ituri, province aurifère du nord-est congolais, frontalière de l'Ouganda et du Soudan du Sud, où de nombreux groupes armés sont actifs.

Le virus s'est déjà propagé au-delà des frontières de l'Ituri et de la RDC.

Des cas suspects ont été signalés à Butembo, carrefour commercial situé dans la province du Nord-Kivu voisine de l'Ituri, à environ 200 km du foyer de l’épidémie, a indiqué Samuel Roger Kamba.

- Contrôles aux frontières -

Un cas et un décès ont été aussi enregistrés en Ouganda, selon le gouvernement. Il s'agit de deux Congolais qui avaient voyagé depuis la RDC, et aucun foyer d'épidémie local n'a été signalé.

Washington a annoncé lundi la mise en place de contrôles sanitaires pour les voyageurs aériens en provenance des pays touchés en Afrique et restreindre temporairement l'attribution de visas pour les étrangers ayant voyagé dans ces zones.

L'Allemagne a déclaré mardi qu'elle allait "accueillir et soigner" un patient américain ayant contracté Ebola en RDC.

D'après l'ONG chrétienne américaine Serge, ce patient est un médecin missionnaire de l'organisation "exposé (au virus) en traitant des patients" dans une zone située dans le foyer de l'épidémie, au sud-ouest de Bunia.

Un cas a également été recensé à Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, contrôlée depuis janvier 2025 par le groupe armé antigouvernemental M23, qui s'est emparé de vastes pans de territoires dans l'est du pays depuis 2021 avec le soutien du Rwanda.

"L’accès humanitaire et la coordination entre les différents acteurs en particulier les parties au conflit pourraient constituer un des défis de la riposte", a déclaré lundi à l'AFP François Moreillon, chef de délégation de la Croix rouge internationale (CICR) en RDC.

Le médecin congolais et prix Nobel de la paix Denis Mukwege a exhorté mardi le groupe armé M23 à rouvrir l'aéroport de Goma, hub humanitaire dans l'est de la RDC, afin de faciliter la réponse à l'épidémie d'Ebola.

Entre 2018 et 2020, une épidémie d'Ebola avait déjà frappé les provinces orientales de la RDC en proie à des conflits depuis plus de trente ans, et avait fait près de 2.300 morts pour 3.500 malades.

2 commentaires

  • 13:08

    Quand on pense que lesUS ont réduit a 0 les subventions a l'OMS... c'est vraiment scandaleux !


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